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L'évaluation au basket : formule, variantes et limites
Un seul nombre censé résumer le match d'un joueur. Voici comment il se calcule, pourquoi deux feuilles de match peuvent afficher deux évaluations différentes pour la même performance, et ce que ce chiffre ne dira jamais.
Ce que l'évaluation cherche à faire
L'évaluation — souvent abrégée « EV », parfois appelée PIR pour Performance Index Rating — additionne ce qu'un joueur a apporté et retranche ce qu'il a coûté. L'idée est ancienne et simple : au lieu de lire douze colonnes, on lit un nombre.
Sa vertu est là, et ses limites aussi. Elle permet de repérer d'un coup d'œil qui a pesé sur un match. Elle ne dit rien de la défense sur l'homme, du placement, de l'écran qui libère le tireur, ni de la faute intelligente à trois secondes de la fin.
La formule, dans sa forme la plus répandue
La version utilisée par l'EuroLeague et par la plupart des compétitions européennes s'écrit ainsi :
( Points + Rebonds + Passes décisives + Interceptions
+ Contres + Fautes provoquées )
− ( Tirs manqués + Balles perdues + Contres subis + Fautes commises )
« Tirs manqués » comprend les tirs à deux points, les tirs à trois points et les lancers francs ratés. C'est le poste le plus souvent oublié quand on recalcule une évaluation à la main.
Un exemple chiffré
Prenons un intérieur qui sort la ligne suivante :
| Statistique | Valeur |
|---|---|
| Tirs à 2 points | 6 / 11 |
| Tirs à 3 points | 0 / 1 |
| Lancers francs | 4 / 6 |
| Rebonds | 9 |
| Passes décisives | 2 |
| Interceptions | 1 |
| Contres | 2 |
| Balles perdues | 4 |
| Fautes commises | 4 |
| Fautes provoquées | 5 |
Il marque 16 points (12 + 0 + 4). Il manque 5 + 1 + 2 = 8 tirs.
Négatif : 8 + 4 + 4 = 16
Évaluation = 19
Pourquoi deux feuilles donnent parfois deux chiffres
Il n'existe pas une évaluation, mais une famille de formules. Les écarts viennent presque toujours des mêmes postes.
Les fautes
C'est le point de désaccord principal. Compter les fautes provoquées récompense un joueur qui attaque le cercle ; le retenir contre lui quand il en commet pénalise un défenseur agressif qui joue son rôle. Certaines compétitions et certains outils les excluent donc des deux côtés.
Le choix fait dans HoopSync : ni les fautes commises ni les fautes provoquées n'entrent dans le calcul. Sur l'exemple ci-dessus, l'évaluation passe alors de 19 à 18 — le joueur perd ses 5 fautes provoquées mais ne subit plus ses 4 fautes commises. Ce choix évite qu'un défenseur appliqué soit puni deux fois : une fois par le banc, une fois par la feuille.
Les contres subis
Beaucoup de feuilles amateurs ne notent pas les contres subis, simplement parce que personne ne les compte en tribune. Une évaluation calculée sans eux est légèrement plus favorable aux intérieurs. Ce n'est pas une erreur, tant que la même règle vaut pour tout le monde et sur toute la saison.
Les rebonds offensifs et défensifs
Presque toutes les formules comptent le total des rebonds sans distinguer l'offensif du défensif, alors que leur valeur n'est pas la même : un rebond offensif crée une possession supplémentaire. Aucune formule courante ne le valorise davantage.
Ce que l'évaluation ne dit pas
Trois angles morts méritent d'être connus avant de la montrer à un joueur.
- Le temps de jeu. Une évaluation de 12 en 30 minutes et une évaluation de 12 en 9 minutes ne racontent pas le même match. Rapportez-la aux minutes avant de comparer deux joueurs.
- Le volume de tirs. La formule récompense mécaniquement celui qui shoote beaucoup, tant qu'il rentre plus d'un tir sur deux à deux points. Un joueur qui prend peu de tirs mais les rentre restera derrière un joueur qui en prend le double.
- Tout ce qui ne se compte pas. L'écran posé, le repli défensif, la deuxième passe, la faute évitée. Sur des catégories de formation, c'est souvent exactement ce qu'on cherche à développer.
Comment s'en servir avec des jeunes
En formation, l'évaluation est un outil de coach plus qu'un outil de joueur. Il y a un vrai risque à afficher un classement : les joueurs comprennent très vite quelles actions font monter le chiffre, et adaptent leur jeu en conséquence — plus de tirs, moins de passes supplémentaires.
Trois usages nous semblent plus sains :
- Comparer un joueur à lui-même d'un match sur l'autre, plutôt que de le comparer à ses coéquipiers.
- Repérer un décrochage : une évaluation qui chute sur trois matchs alors que le temps de jeu ne bouge pas mérite une conversation.
- Ouvrir la discussion sur les balles perdues, poste que les jeunes sous-estiment presque toujours et que la formule sanctionne directement.
À retenir
- L'évaluation additionne les apports et retranche les coûts, en un seul nombre.
- Les lancers francs manqués comptent dans les tirs manqués — l'oubli le plus fréquent.
- Les formules diffèrent surtout sur les fautes et sur les contres subis.
- Peu importe la variante choisie, tant qu'elle reste la même toute la saison.
- Sans le temps de jeu à côté, le chiffre est trompeur.
HoopSync calcule l'évaluation automatiquement à partir de la feuille de match, saisie en direct depuis le téléphone — y compris sans réseau dans le gymnase.
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